samedi 5 avril 2008

un aperçu

Je n'ai pas l'intention de commenter de façon systématique The world without us.
Ce n'est pas que cela ne vaudrait pas la peine, c'est simplement parce que je n'ai pas le temps.
Je vous rappelle la prémisse : du jour au lendemain, les humains disparaissent de la surface de la planète (et le bouquin nous donne souvent l'envie que cela se produise). L'auteur a choisi de ne pas tenir compte de l'accumulation de cadavres si cette disparition devait être due à un nouveau virus (bien qu'il soit invraisemblable que même le plus puissant des virus puisse y parvenir).
Un chapitre est consacré à New-York.
Il est stupéfiant de réaliser à quelle vitesse la ville disparaîtrait sans laisser de traces, du moins en surface. Pourquoi ? À cause de l'eau. Manhattan est une île. Et une importante partie de sa superficie provient de travaux de remplissage. Seulement pour Central Park : un demi million de verges cube de terre.
Et l'île compte plus de 40 ruisseaux et petits cours d'eau : à tous les jours les techniciens doivent empêcher 13 millions de gallons d'eau d'envahir les tunnels du métro (il leur faut 753 pompes). En leur absence, sans personne pour veiller au grain, le métro serait submergé en 36 heures.

le niveau de l'eau

jeudi 3 avril 2008

Vous m'épatez!

J'ai bien du mal à croire qu'il y ait encore des gens qui se donnent encore la peine de venir voir s'il se passe quelque chose ici.
À vrai dire, j'en suis bien content.
Et bien, pour les fidèles, voici enfin du nouveau.
J'ai terminé la lecture d'un livre hallucinant dimanche dernier.
Malheureusement, il ne semble pas y avoir encore de traduction française, bien que celle en espagnol soit disponible.
The world without us d'Alan Weisman.
L'auteur nous décrit ce que notre planète deviendrait si l'homme disparaissait de sa surface. À éviter si vous êtes suicidaire parce que par bouts, c'est franchement déprimant. D'ailleurs, tout comme dans le film The Matrix, on y compare l'homme à un virus.
C'est certainement un des livres les plus instructifs qu'il m'ait été donné de lire.
On peut reprocher à l'auteur de ne pas s'attarder sur les solutions mais on comprend qu'il n'est pas trop intéressé à s'étendre sur des utopies.

l'infection ambulante

mercredi 6 février 2008

la peur du ridicule

En première page de La Presse de ce matin : "Gare aux cotons-tiges / Un coroner sonne l'alarme"
À mon humble avis, le coroner aurait dû se taire. Les cotons-tiges ont été inventés en 1923. Ils ont servi à nettoyer des oreilles des milliards de fois. Même chez nos voisins du sud, champions internationaux des poursuites judiciaires ridicules.
Et il est déjà déconseillé, sur les boîtes, de les introduire dans les oreilles !
Mais ce n'est pas suffisant, il faudrait selon ce coroner un pictogramme pour que le message soit clair même pour les illettrés. Je me sens un peu mal, moi qui ait un doctorat, de ne pas avoir encore adapté mon comportement à des règles essentielles de sécurité. Je devrais voir un psychiatre, je suis peut-être suicidaire à mon insu.
Mais écoutons un peu l'histoire de ce pauvre jeune homme (qui avait 43 ans lors du drame) : dans un premier temps, il se présente à l'urgence pour une douleur à l'oreille droite (les coton-tiges seraient-ils plus sécuritaires dans l'oreille gauche ? la question mérite d'être posée). Du sang en coulait : le bon docteur lui prescrit des gouttes pour ce qu'il croit être une otite. Pas très fort le bon docteur.
Le lendemain soir, la pauvre victime a du mal à marcher. Mais reste à la maison. Pas très forte la pauvre victime.
Deux jours plus tard, la conjointe, enfin réveillée, alerte les ambulanciers. Trop peu, trop tard.
Et le coroner de génie conclut qu'il faut mettre un pictogramme sur les boîtes de coton-tiges.
Il ne faut vraiment pas avoir peur du ridicule.

le doigt dans le nez

vendredi 1 février 2008

je vous salue, Marie

Ce n'est pas par hasard que la prière dédiée à la sainte vierge se termine par ces mots : maintenant et à l'heure de notre mort.
En nous promettant, comme de vulgaires promoteurs, la vie éternelle, les différentes religions de ce monde s'adressent à la plus grande de toutes les peurs. Grande parce que son mystère est opaque : on ne sait absolument pas ce qui se cache dans la grande boîte noire qui suit notre vie. On ne peut que croire, faute de pouvoir savoir.
Grande aussi parce que personne ne peut éviter cette étape finale de notre petite vie. Le ciel, l'enfer, la réincarnation, le néant ou tout ce que vous pouvez, et que je ne peux pas, imaginer. Même les personnages imaginaires, les héros de l'histoire sont condamnés à ne faire qu'un temps.
Et même si le temps devait s'avérer éternel, personne, jamais, ne pourra témoigner de cette éternité. Et si le temps devait s'avérer temporaire, ma vie serait strictement la même.

le neurone temporaire

dimanche 27 janvier 2008

Paradoxes effrayants

On reparle d'avortements dans les médias.
Peu de domaines illustrent aussi bien le manque cruel de maturité dans notre société.
Plusieurs éléments qui nécessitent que nous fassions le grand ménage même si nos politiciens n'en auront pas le courage avant des lustres.
Le premier c'est que l'on considére le foetus comme étant humain à partir de 500 grammes : avant il est considéré comme un "produit de conception". Premier paradoxe : certains "produits de conception" ont survécu pour devenir des êtres humains sans passer par une phase foetale.
Difficulté supplémentaire : il n'y a aucune différence physiologique significative entre un "produit de conception" de 499 grammes et un foetus de 501 grammes. Il s'agit là d'une balise fixée par l'homme et non par la nature.
Le deuxième est qu'un foetus est considéré légalement comme "avortable" aussi longtemps qu'il est dans l'utérus. Mais les médecins sont contreints de réanimer tout prématuré qui a atteint 26 semaines de gestation. Légalement, nous sommes donc tenu de réanimer un nouveau-né grandement prématuré et nous avons le droit d'avorter son jumeau parce qu'il est "in utero".
Le troisième paradoxe est que, selon les experts, il y éthiquement acceptable de procéder à un avortement quel que soit l'âge de la grossesse parce que le foetus est dénué de conscience. Par contre, un enfant sévèrement encéphalopathe, chez qui il n'y a pas la moindre évidence de conscience et chez qui il n'y a pas la moindre "chance" qu'une conscience se développe un jour, doit être maintenu en vie par tous les moyens disponibles. Parce que, comme société, notre peur d'un éventuel abus condamne des êtres à une vie qui n'a d'humain que les gènes et le phénotype.

le prix de la peur

mercredi 23 janvier 2008

vieilles peurs / nouvelles phobies

Dans le Québec d'avant la révolution tranquille, on se mariait jeune, pour le meilleur ou pour le pire.
Je me souviens de ce vieux gaspésien qui, à la veille de son cinquantième anniversaire de mariage, m'a dit : "Je ne sais pas pourquoi ils veulent fêter ça, ça va faire cinquante ans qu'on est mariés et ça va faire quarante-neuf ans qu'a m'écoeure."
Un système de valeur complètement différent du nôtre : les gens s'engageaient tête baissée dans une union sans porte de sortie. La principale explication est que la vie sexuelle n'était (officiellement) accessible qu'aux conjoints unis devant dieu.
Le balancier a fait ce que fait un balancier, il a bougé.
Même si la moitié des mariages se terminent par un divorce, les gens craignent davantage de s'engager. Un divorce, ça coûte si cher.
Quand ma douce m'a dit qu'elle ne voulait pas sortir avec moi, je lui ai répondu : "Moi non plus, ce que je veux c'est vivre avec toi."
Six jours plus tard, j'aménageais chez elle. Plus de vingt ans de vie commune. Et pas de divorce en perspective (du moins pas à ma connaissance).
De quoi aurais-je eu peur ?

Bayard malgré les reproches

vendredi 18 janvier 2008

Citation et commentaire

"Tous les hommes ont leur vérité, à laquelle ils se raccrochent et pour laquelle ils se battent afin qu'elle devienne une vérité générale."
San-Antonio, Des clientes pour la morgue (publié en mai 1953)

Et moi, qui cherche encore ma vérité, il me manque les mots pour vous convaincre.

la quête philosophique