Nulle part ailleurs, je me sens aussi près de Foglia que lorsque je prends l'avion.
L'aéroport est devenu le symbole par excellence de la paranoïa de notre société, de son obsession pour le risque zéro et pour le triomphe de tous les terrorismes.
Le célèbre chroniqueur de La Presse, lui, fait souvent allusion à l'obligation de porter le casque protecteur en vélo.
Bien que ce soit fondamentalement la même chose, réduire les risques, il y a une différence majeure : dans le cas de la sécurité aérienne, la restriction à la liberté individuelle est absolue. Au point que lors de notre dernier voyage, ma douce a dû se soumettre à une fouille corporelle, bien qu'une mère entourée de quatre ados (nous en avions emprunté deux) présente un risque infinitésimal. Et les coûts sociaux de cette obsession sont énormes. Le gaspillage de ressources pour, en théorie sauver des vies (un autre concept absurde : on ne peut '' sauver '' une vie, on peut au mieux la prolonger), détourne des fonds qui seraient fort mieux utilisés ailleurs, notamment en éducation (tiens, je vous reviendrai bientôt sur ce que je pense des investissements en santé).
Dans le cas du casque protecteur, au moins, il y a moyen de déroger même si on risque de se faire coller une amende par un fonctionnaire zélé.
Tout ceci pour en arriver à la conclusion que nous vivons dans une société immature qui se permet en plus d'infantiliser ses citoyens. Comme le disait si bien Cicéron : Quo usque tandem abutere ...
la mémoire du latiniste
dimanche 13 avril 2008
samedi 12 avril 2008
Nous y voilà
Il y a longtemps que je tourne autour du pot.
Aujourd'hui, j'amorce ma plongée.
Saviez vous, que des années après la naissance d'un tel regroupement en France, il y a maintenant une association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité ?
Elle a reçu l'appui de gens admirables, comme madame Claire L'Heureux-Dubé, juge retraitée de la Cour suprême du Canada. Madame L'Heureux-Dubé a été une des quatre juges dissidentes dans l'affaire Sue Rodriguez qui réclamait haut et fort le droit de mourir.
L'AQDMD a aussi reçu l'appui du docteur Marcel Boisvert, une autorité en matière de soins palliatifs et celui du docteur Marcel Boulanger un pionnier de la lutte contre le tabagisme.
Si quelqu'un a déjà une objection à soulever, je serais plus que ravi de la lire.
Dans mon prochain texte, je m'identifie à Pierre Foglia.
le premier pas
Aujourd'hui, j'amorce ma plongée.
Saviez vous, que des années après la naissance d'un tel regroupement en France, il y a maintenant une association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité ?
Elle a reçu l'appui de gens admirables, comme madame Claire L'Heureux-Dubé, juge retraitée de la Cour suprême du Canada. Madame L'Heureux-Dubé a été une des quatre juges dissidentes dans l'affaire Sue Rodriguez qui réclamait haut et fort le droit de mourir.
L'AQDMD a aussi reçu l'appui du docteur Marcel Boisvert, une autorité en matière de soins palliatifs et celui du docteur Marcel Boulanger un pionnier de la lutte contre le tabagisme.
Si quelqu'un a déjà une objection à soulever, je serais plus que ravi de la lire.
Dans mon prochain texte, je m'identifie à Pierre Foglia.
le premier pas
vendredi 11 avril 2008
la poubelle
Au sujet des déchets nucléaires, mon fils (celui qui aura quatorze ans la semaine prochaine) a rapidement identifié la meilleure solution : il faut les envoyer dans l'espace. En effet, n'ayant pas de voisin trop proche, le risque de réclamation est pour le moins marginal.
Mais cette solution idéale présente un problème pratique majeur : les 441 réacteurs nucléaires qui fonctionnent actuellement sur notre belle planète (une simple extension de notre Belle Province) produisent annuellement 13,000 tonnes de déchets radioactifs.
Et si vous vous décidez enfin à lire The World without us, vous ne serez pas surpris d'apprendre que, même dans le scénario le plus optimiste, certains sous-produits nucléaires nous survivrons pendant des millions d'années. Ainsi l'uranium (uranium fuel) met 704 millions d'années à perdre la moitié de sa radioactivité. Il y a fort à parier que d'ici là, il n'y aura plus ni de Tremblay ni de Nguyen à la surface de la Terre et qu'il faudrait chercher longtemps pour trouver la moindre trace de leur passage sur Terre.
le passé date
Mais cette solution idéale présente un problème pratique majeur : les 441 réacteurs nucléaires qui fonctionnent actuellement sur notre belle planète (une simple extension de notre Belle Province) produisent annuellement 13,000 tonnes de déchets radioactifs.
Et si vous vous décidez enfin à lire The World without us, vous ne serez pas surpris d'apprendre que, même dans le scénario le plus optimiste, certains sous-produits nucléaires nous survivrons pendant des millions d'années. Ainsi l'uranium (uranium fuel) met 704 millions d'années à perdre la moitié de sa radioactivité. Il y a fort à parier que d'ici là, il n'y aura plus ni de Tremblay ni de Nguyen à la surface de la Terre et qu'il faudrait chercher longtemps pour trouver la moindre trace de leur passage sur Terre.
le passé date
samedi 5 avril 2008
un aperçu
Je n'ai pas l'intention de commenter de façon systématique The world without us.
Ce n'est pas que cela ne vaudrait pas la peine, c'est simplement parce que je n'ai pas le temps.
Je vous rappelle la prémisse : du jour au lendemain, les humains disparaissent de la surface de la planète (et le bouquin nous donne souvent l'envie que cela se produise). L'auteur a choisi de ne pas tenir compte de l'accumulation de cadavres si cette disparition devait être due à un nouveau virus (bien qu'il soit invraisemblable que même le plus puissant des virus puisse y parvenir).
Un chapitre est consacré à New-York.
Il est stupéfiant de réaliser à quelle vitesse la ville disparaîtrait sans laisser de traces, du moins en surface. Pourquoi ? À cause de l'eau. Manhattan est une île. Et une importante partie de sa superficie provient de travaux de remplissage. Seulement pour Central Park : un demi million de verges cube de terre.
Et l'île compte plus de 40 ruisseaux et petits cours d'eau : à tous les jours les techniciens doivent empêcher 13 millions de gallons d'eau d'envahir les tunnels du métro (il leur faut 753 pompes). En leur absence, sans personne pour veiller au grain, le métro serait submergé en 36 heures.
le niveau de l'eau
Ce n'est pas que cela ne vaudrait pas la peine, c'est simplement parce que je n'ai pas le temps.
Je vous rappelle la prémisse : du jour au lendemain, les humains disparaissent de la surface de la planète (et le bouquin nous donne souvent l'envie que cela se produise). L'auteur a choisi de ne pas tenir compte de l'accumulation de cadavres si cette disparition devait être due à un nouveau virus (bien qu'il soit invraisemblable que même le plus puissant des virus puisse y parvenir).
Un chapitre est consacré à New-York.
Il est stupéfiant de réaliser à quelle vitesse la ville disparaîtrait sans laisser de traces, du moins en surface. Pourquoi ? À cause de l'eau. Manhattan est une île. Et une importante partie de sa superficie provient de travaux de remplissage. Seulement pour Central Park : un demi million de verges cube de terre.
Et l'île compte plus de 40 ruisseaux et petits cours d'eau : à tous les jours les techniciens doivent empêcher 13 millions de gallons d'eau d'envahir les tunnels du métro (il leur faut 753 pompes). En leur absence, sans personne pour veiller au grain, le métro serait submergé en 36 heures.
le niveau de l'eau
jeudi 3 avril 2008
Vous m'épatez!
J'ai bien du mal à croire qu'il y ait encore des gens qui se donnent encore la peine de venir voir s'il se passe quelque chose ici.
À vrai dire, j'en suis bien content.
Et bien, pour les fidèles, voici enfin du nouveau.
J'ai terminé la lecture d'un livre hallucinant dimanche dernier.
Malheureusement, il ne semble pas y avoir encore de traduction française, bien que celle en espagnol soit disponible.
The world without us d'Alan Weisman.
L'auteur nous décrit ce que notre planète deviendrait si l'homme disparaissait de sa surface. À éviter si vous êtes suicidaire parce que par bouts, c'est franchement déprimant. D'ailleurs, tout comme dans le film The Matrix, on y compare l'homme à un virus.
C'est certainement un des livres les plus instructifs qu'il m'ait été donné de lire.
On peut reprocher à l'auteur de ne pas s'attarder sur les solutions mais on comprend qu'il n'est pas trop intéressé à s'étendre sur des utopies.
l'infection ambulante
À vrai dire, j'en suis bien content.
Et bien, pour les fidèles, voici enfin du nouveau.
J'ai terminé la lecture d'un livre hallucinant dimanche dernier.
Malheureusement, il ne semble pas y avoir encore de traduction française, bien que celle en espagnol soit disponible.
The world without us d'Alan Weisman.
L'auteur nous décrit ce que notre planète deviendrait si l'homme disparaissait de sa surface. À éviter si vous êtes suicidaire parce que par bouts, c'est franchement déprimant. D'ailleurs, tout comme dans le film The Matrix, on y compare l'homme à un virus.
C'est certainement un des livres les plus instructifs qu'il m'ait été donné de lire.
On peut reprocher à l'auteur de ne pas s'attarder sur les solutions mais on comprend qu'il n'est pas trop intéressé à s'étendre sur des utopies.
l'infection ambulante
mercredi 6 février 2008
la peur du ridicule
En première page de La Presse de ce matin : "Gare aux cotons-tiges / Un coroner sonne l'alarme"
À mon humble avis, le coroner aurait dû se taire. Les cotons-tiges ont été inventés en 1923. Ils ont servi à nettoyer des oreilles des milliards de fois. Même chez nos voisins du sud, champions internationaux des poursuites judiciaires ridicules.
Et il est déjà déconseillé, sur les boîtes, de les introduire dans les oreilles !
Mais ce n'est pas suffisant, il faudrait selon ce coroner un pictogramme pour que le message soit clair même pour les illettrés. Je me sens un peu mal, moi qui ait un doctorat, de ne pas avoir encore adapté mon comportement à des règles essentielles de sécurité. Je devrais voir un psychiatre, je suis peut-être suicidaire à mon insu.
Mais écoutons un peu l'histoire de ce pauvre jeune homme (qui avait 43 ans lors du drame) : dans un premier temps, il se présente à l'urgence pour une douleur à l'oreille droite (les coton-tiges seraient-ils plus sécuritaires dans l'oreille gauche ? la question mérite d'être posée). Du sang en coulait : le bon docteur lui prescrit des gouttes pour ce qu'il croit être une otite. Pas très fort le bon docteur.
Le lendemain soir, la pauvre victime a du mal à marcher. Mais reste à la maison. Pas très forte la pauvre victime.
Deux jours plus tard, la conjointe, enfin réveillée, alerte les ambulanciers. Trop peu, trop tard.
Et le coroner de génie conclut qu'il faut mettre un pictogramme sur les boîtes de coton-tiges.
Il ne faut vraiment pas avoir peur du ridicule.
le doigt dans le nez
À mon humble avis, le coroner aurait dû se taire. Les cotons-tiges ont été inventés en 1923. Ils ont servi à nettoyer des oreilles des milliards de fois. Même chez nos voisins du sud, champions internationaux des poursuites judiciaires ridicules.
Et il est déjà déconseillé, sur les boîtes, de les introduire dans les oreilles !
Mais ce n'est pas suffisant, il faudrait selon ce coroner un pictogramme pour que le message soit clair même pour les illettrés. Je me sens un peu mal, moi qui ait un doctorat, de ne pas avoir encore adapté mon comportement à des règles essentielles de sécurité. Je devrais voir un psychiatre, je suis peut-être suicidaire à mon insu.
Mais écoutons un peu l'histoire de ce pauvre jeune homme (qui avait 43 ans lors du drame) : dans un premier temps, il se présente à l'urgence pour une douleur à l'oreille droite (les coton-tiges seraient-ils plus sécuritaires dans l'oreille gauche ? la question mérite d'être posée). Du sang en coulait : le bon docteur lui prescrit des gouttes pour ce qu'il croit être une otite. Pas très fort le bon docteur.
Le lendemain soir, la pauvre victime a du mal à marcher. Mais reste à la maison. Pas très forte la pauvre victime.
Deux jours plus tard, la conjointe, enfin réveillée, alerte les ambulanciers. Trop peu, trop tard.
Et le coroner de génie conclut qu'il faut mettre un pictogramme sur les boîtes de coton-tiges.
Il ne faut vraiment pas avoir peur du ridicule.
le doigt dans le nez
vendredi 1 février 2008
je vous salue, Marie
Ce n'est pas par hasard que la prière dédiée à la sainte vierge se termine par ces mots : maintenant et à l'heure de notre mort.
En nous promettant, comme de vulgaires promoteurs, la vie éternelle, les différentes religions de ce monde s'adressent à la plus grande de toutes les peurs. Grande parce que son mystère est opaque : on ne sait absolument pas ce qui se cache dans la grande boîte noire qui suit notre vie. On ne peut que croire, faute de pouvoir savoir.
Grande aussi parce que personne ne peut éviter cette étape finale de notre petite vie. Le ciel, l'enfer, la réincarnation, le néant ou tout ce que vous pouvez, et que je ne peux pas, imaginer. Même les personnages imaginaires, les héros de l'histoire sont condamnés à ne faire qu'un temps.
Et même si le temps devait s'avérer éternel, personne, jamais, ne pourra témoigner de cette éternité. Et si le temps devait s'avérer temporaire, ma vie serait strictement la même.
le neurone temporaire
En nous promettant, comme de vulgaires promoteurs, la vie éternelle, les différentes religions de ce monde s'adressent à la plus grande de toutes les peurs. Grande parce que son mystère est opaque : on ne sait absolument pas ce qui se cache dans la grande boîte noire qui suit notre vie. On ne peut que croire, faute de pouvoir savoir.
Grande aussi parce que personne ne peut éviter cette étape finale de notre petite vie. Le ciel, l'enfer, la réincarnation, le néant ou tout ce que vous pouvez, et que je ne peux pas, imaginer. Même les personnages imaginaires, les héros de l'histoire sont condamnés à ne faire qu'un temps.
Et même si le temps devait s'avérer éternel, personne, jamais, ne pourra témoigner de cette éternité. Et si le temps devait s'avérer temporaire, ma vie serait strictement la même.
le neurone temporaire
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