jeudi 6 mai 2010

de pire en pire

Malheureusement, non seulement pour les partisans de l'euthanasie, mais surtout pour ceux qui pourraient en bénéficier, les situations difficiles peuvent se multiplier de façon impressionnante. J'ai déjà des exemples bien plus édifiants à vous soumettre mais dans le respect d'un certain ordre logique, je passe à l'étape suivante.
Madame Tartempion n'a jamais clairement exprimé ses volontés quant au niveau de soins qu'elle souhaitait recevoir. Bien sûr, elle a déjà émis quelques commentaires sur tel ou telle autre laissant entendre qu'elle aimerait mieux mourir que de se retrouver dans leur situation mais il demeure un certain flou quant à ce qu'elle souhaite pour elle-même.
Et survient une situation où ses proches doivent prendre une décision. Encore une fois, ils partagent une certaine impression de ce qu'elle aurait voulu pour elle-même mais sans avoir de certitude.
Dans une telle situation, il me semble évident qu'il faut donner suite à cette impression globale, même si elle rencontre certaines réticences, si elle est dans le meilleur intérêt de la personne. Et la survie à tout prix n'est jamais dans le meilleur intérêt de qui que se soit. La valeur sacrée de la vie n'existe tout simplement pas. Contrairement à l'acharnement thérapeutique et aux convictions religieuses. Le jour où notre société reconnaîtra que l'intérêt de la personne passe avant toute autre forme de conviction, un grand pas aura été franchi.

l'étonnement devant le silence

mercredi 5 mai 2010

l'euthanasie : une situation plus complexe

Dans mon esprit, le droit à l'euthanasie pour la personne apte à prendre une telle décision, est d'une grande limpidité : le droit de mourir devrait être universel.
Malheureusement, plusieurs situations ne sont pas aussi simples et j'essaierai de les aborder en progressant vers la plus complexe.
Pour l'instant, abordons une objection fréquente. Elle concerne la personne qui pendant qu'elle était apte a clairement exprimé sa volonté, non seulement qu'on ne s'acharne pas sur elle mais qui a de plus fixer des limites à l'évolution de la maladie qu'elle est prête à accepter.
Par exemple, une mère aux premiers stades d'une démence de type Alzheimer pourrait dire à sa fille : "le jour où je ne te reconnaitrai plus, j'exige que l'on mette fin à mes jours".
L'objection que je mentionnais prend alors la forme suivante : "oui, mais comment savoir que la dame n'a pas changé d'avis".
Ce à quoi je répondrai d'une part que la vie humaine est pleine d'occasions où changer d'avis entraîne des conséquences qu'il nous faut assumer, mais avant tout, la personne n'étant plus apte à décider pour elle-même, cet éventuel changement d'avis n'est ni possible, ni souhaitable.
Dans ces circonstances, mon opinion est donc de respecter la volonté clairement exprimée par une personne alors qu'elle était saine d'esprit, en mesure de peser le pour et le contre d'une telle décision et de donner légitimement suite à sa requête. D'autant plus qu'elle me parait clairement dans le meilleur intérêt de cette personne ce qui est, je vous le rappelle, une obligation du Code civil du Québec.
Je vous invite donc à vous soumettre vos commentaires mais éventuellement des situations complexes que vous aimeriez voir discuter.

l'invitation lancée

lundi 3 mai 2010

lecture

À ceux que mes propos intéressent je suggère :
Vivre jusqu'au bout, de Mario Proulx publié chez Bayard Canada.

le lecteur qui écrit

dimanche 2 mai 2010

le cas Latimer : j'accuse

Premier préambule : si l'histoire de Robert Latimer est bien connue au Canada, elle l'est sans doute moins dans le reste du monde. Mes nombreux visiteurs étrangers (relativement) sont donc invités à faire une recherche sur Google ou d'aller directement sur le site www.robertlatimer.net
Deuxième préambule : si j'accuse, je ne condamne pas. Je n'ai pas l'altitude nécessaire pour me nommer juge.
Bref, Robert Latimer a tué sa fille Tracy. Je suis convaincu qu'il était et qu'il est toujours un bon papa. La société l'a condamné à voir souffrir sa fille parce que les gens chargés d'assurer son confort n'ont tout simplement pas été à la hauteur.
Je suis tout aussi convaincu que Robert Latimer a tué sa fille parce qu'il était tout aussi convaincu que c'était ce qu'il pouvait de faire de mieux pour elle. Dans le meurtre par compassion comme dans le mot pour le décrire, il y a, souvent, tout l'amour que peut comporter une passion. Parce que Robert Latimer savait très bien le prix qu'il pourrait avoir à payer pour avoir libéré sa fille d'une condition qu'il nous appartenait à nous, comme société de libérer. Idéalement, en la soulageant adéquatement. Éventuellement en la laissant mourir confortablement sous l'effet d'une sédation profonde. J'y reviendrai.
La société a laissé tomber Robert Latimer et plus encore sa fille Tracy qui n'a pas reçu les soins auxquels elle avait le droit le plus strict.
La société a de nouveau laissé tomber Robert Latimer en l'emprisonnant.
Et la société a encore une fois laissé tomber Robert Latimer en lui refusant une libération conditionnelle alors qu'il ne présente manifestement aucun risque pour elle.

le fond du baril

Réaction

Derrière cette tendance à promouvoir l'euthanasie, il y a ce danger de ne pas faire les choses comme il se doit, et ça, il faut s'en méfier.
Accent Grave
Je reproduit ici le commentaire qu'a reçu mon dernier billet.
Parce qu'il me permettra, du moins je l'espère, de clarifier non pas ma pensée mais ma façon de l'exprimer. Ma réflexion d'aujourd'hui entraînera sans doute quelque redite et je m'en excuse.
Premier point : j'ai le droit de mourir, tu as le droit de mourir, mon argument est tout simplement d'ajouter : il a le droit de mourir. C'est, pour moi, un droit dont personne ne devrait être privé.
Deuxième point : le non-respect de ce droit a des conséquences inhumaines, contraires à l'intérêt de la personne. L'exemple le plus classique, et qui me touche de trop près même si je n'en suis pas atteint, est la sclérose en plaques. Au-delà d'un certaine seuil, la personne ne dispose plus d'assez d'autonomie pour décider du moment de sa fin. Mais cela est aussi vrai pour des tonnes d'autres conditions dont la plus fréquente est le cancer.
Troisième point : corollaire du premier. Non, nous ne faisons pas les choses comme il se doit. Il y a, au moment où j'écris ces lignes, des gens qui souffrent cruellement parce que, en tant que société, nous n'avons pas le courage de respecter leurs droits et leur intérêt fondamental. Je le jure, parce que je le sais trop bien, il y a pire sur cette Terre que la mort.
Quatrième, et pour le moment dernier, point : l'épouvantail agité par les opposants à l'euthanasie n'est à mes yeux qu'un écran de fumée. Malgré tout ce qui précède, notre société dispose de suffisamment de filets de sécurité pour que l'accès à l'euthanasie ne devienne pas une foire aux meurtres. L'expérience internationale me semble assez limpide à cet égard. Mais même s'il devait y avoir des dérapages, et j'admets que l'homme étant ce qu'il est il y en aura quelques-uns, cela sera mille fois moins pire que le père qui tue son fils ou le fils qui tue son père parce qu'il n'en peut plus de le voir souffrir et que personne n'arrive à les aider.

la sympathie pour Latimer

P.S. Merci Accent Grave, tes commentaires sont non seulement bienvenus mais aussi appréciés; je ne m'attends pas à ce que tous partagent mon opinion, sinon ce blogue serait une perte de temps encore plus totale.

samedi 1 mai 2010

l'euthanasie pour les autres

12. Celui qui consent à des soins pour autrui ou qui les refuse est tenu d'agir dans le seul intérêt de cette personne en tenant compte, dans la mesure du possible, des volontés que cette dernière a pu manifester.

S'il exprime un consentement, il doit s'assurer que les soins seront bénéfiques, malgré la gravité et la permanence de certains de leurs effets, qu'ils sont opportuns dans les circonstances et que les risques présentés ne sont pas hors de proportion avec le bienfait qu'on en espère.


Le Code civil du Québec

Avant d'aborder une discussion sur l'euthanasie pour la personne inapte, nous devrions sérieusement nous interroger sur le sort que nous réservons, en pratique, à cet article du Code civil.

l'avocat en herbe

débilité profonde

À lire ce matin sur Cyberpresse.ca la chronique de Pierre Foglia intitulée : Notes éducatives.
Comment peut-on prétendre intégrer (dans une classe régulière) des enfants qui n'ont aucune capacité d'apprentissage scolaire. Tant sur le plan psychique que physique. Des enfants qui, jamais, ne sauront faire la différence entre la grenouille et le boeuf ou n'auront jamais le moindre intérêt pour faire cette distinction.
Et les parents de crier au scandale parce qu'on néglige les droits de leur enfant. L'esprit complètement fermé à l'intérêt de la vingtaine, et plus, d'autres enfants dans la classe dont le "cheminement académique" est perturbé par la présence d'un intrus dans cette classe.
Et des associations pour aider des parents disjonctés à crier encore plus fort.
L'intégration a des limites, qu'on se le dise, tout comme la société se doit de défendre prioritairement les droits communs.
Il est triste de voir que certains enfants ne sont pas normaux. Il est normal pour un parent de vouloir le maximum pour son enfant qui n'est pas normal. Mais l'école est un lieu d'apprentissage qu'il faut préserver.
Dans la classe (niveau primaire) de ma douce, il y a un enfant qui n'est pas normal. Les enfants normaux de la classe normale ont rédigé un journal pour dire que l'enfant pas normal est un con. L'enfant pas normal a lu le journal où tous les enfants se moquent de lui. Je ne crois pas que l'intérêt d'aucun des enfants de cette classe, sans compter celui du professeur, ait été respecté.
L'intégration a ses limites et les dommages que les imbéciles causent en n'admettant pas cette réalité primaire sont trop considérables pour qu'on leur permette de continuer de nuire à l'intérêt de la société par leur débilité profonde.

le bon prof