samedi 17 novembre 2007

la peur (quatrième partie)

Les aberrations qui affligent notre société sont nombreuses.
Et personne n'en a jamais fait le catalogue.
Il me semble évident que parmi les plus importantes, et à mon avis LA plus importante, siège la pédophilie.
Il n'en reste pas moins que cette abomination est encore pire quand le criminel dispose d'une autorité sur sa victime.
Le clergé a maintes fois été pointé du doigt, mais il y a sans doute les professeurs, les policiers et les médecins chez qui un tel comportement nous semble encore pire que chez les autres membres de notre société parce qu'ils profitent de leur situation pour assouvir leur perversion.
Mais le pire personnage de la comédie humaine (qui soit dit en passant n'a souvent rien de drôle) à qui on peut assigner ce rôle ne reste-il pas les personnes qui disposent de la plus grande autorité sur l'enfant : ses parents ?
Rassurez-vous, je n'ai pas été aggressé sexuellement par l'un ou l'autre de mes parents.
Mais mon principal souvenir d'enfance n'en reste pas moins la peur.
Et si pour moi, et ça aussi j'ai bien conscience de le répéter, l'amitié s'épelle L.U.R.C.H., la peur s'épelle P.A.PA.
Ce n'est pas par hasard que dans ma famille les mots papa et maman ne sont pratiquement jamais prononcés, du moins pas pour désigner nos géniteurs.
Quand la peur vient du nid, il n'y a de sécurité nulle part jusqu'au jour oú tu apprends enfin à voler. Mais le problème, et tu le réalise rapidement, c'est que tu traînes toujours ta peur partout avec toi. Et qu'il y a toujours un enfant maltraité qui parcourt ton inconscient, à la recherche d'un ange gardien.
Qui, mieux que des parents, peut inscrire la peur dans tes gênes ?

le frère d'Aurore

mercredi 14 novembre 2007

la peur (troisième partie)

Dans les beaux films de Disney, l'arrivée d'un enfant est presque toujours un évènement magique (et pas seulement parce que Disney ignore le sexe).
L'enfant arrive au sein de la famille et boit au sein de la mère (ça Disney n'en parle et surtout ne le montre pas) et tente d'arracher à sa mère toute sa substantifique moelle comme si ce repas devait être le dernier. Et la maman s'occupe tendrement de ses besoins primaires (c'est-à-dire elle change les couches, autre chose qu'occulte Disney) sous le regard bienveillant du papa attendri.
Mais dans la vraie vie, le premier défi du nouveau-né est souvent de surmonter l'angoisse de la mère. Surtout le premier-né.
Le lien entre l'angoisse maternelle et la peur est flagrant : peur de ne pas être une bonne mère (lire Les Chroniques d'une mère indigne), peur que le bébé soit malade, peur qu'il manque de quelque chose, peur qu'il pleure parce qu'il ne l'aime pas, peur qu'il devienne un bandit plutôt qu'un médecin (ou même les deux). La liste n'est limitée que par la capacité de l'imagination humaine et le degré de fatigue de la mère.
Comme on ne garde aucun souvenir de cette période, il est difficile de décrire les peurs du nouveau-né : l'abandon, la faim, l'indicible inconfort de la couche pleine.
Et l'angoisse de la mère étant inversement proportionnelles au nombre de marmots, la perception de l'angoisse maternelle laisse souvent sa place à son contraire : j'ai assez couru pour le premier, le deuxième doit être dompté plus rapidement. L'estomac reste vide un peu plus longtemps, la couche reste pleine un peu plus longtemps et un mobile remplace les berceuses.
Pendant ce temps-là, la seule chose que le père craint vraiment c'est que la patronne retombe enceinte. Pas parce qu'il y aura une bouche de plus à nourrir, parce que plus il y a de grossesses, plus il y a de rejetons, moins souvent il baise.

le père de trois

P.S. Et il est des coins du monde où il vaut mieux naître plus vieux si on ne veut pas mourir jeune.

mardi 13 novembre 2007

la peur (deuxième partie)

Une des causes premières de la peur est l'incompréhension.
Je l'ai déjà dit, donc je le répète, la naissance d'un enfant est la mort d'un foetus.
En très peu de temps, l'univers du foetus bascule.
Logé, nourri, chauffé gratuitement si ce n'était du tangage et de quelques intrusions de bas étage la vie aurait été parfaite. Mais progressivement trop à l'étroit dans son univers, voilà que celui-ci cherche à se contracter. Une pression intermittente, surtout sur la tête qui devient de plus en plus douloureuse.
Et puis voilà qu'il perd les eaux dans lesquels il baignait depuis le début de l'univers.
Et l'inconfort devient cauchemar. La pression continue d'augmenter : il se sent s'engager dans une, ou qui sait plusieurs, nouvelles dimensions.
Sa tête coincée dans un interminable tunnel au bout de laquelle il n'y a pas la moindre lumière.
Et finalement la délivrance. La mort. Adieu mère universelle. Une nouvelle vie m'attend quelque part.
Mais j'ignore encore tout des autres peurs qui attendent ce corps que je quitte. De toutes façons, cela ne me concerne pas. Y a-t-il une vie après la mort ?

mon côté immature

lundi 12 novembre 2007

la peur (première partie)

Il est difficile de réaliser toute l'ampleur que la peur prend dans notre vie.
N'est-il pas vrai qu'il est normal de vouloir s'enfuir, de se cacher quand on a peur ?
Se cacher la tête dans le sable rend peut-être l'autruche ridicule mais s'il n'y a pas de danger réel sa technique n'en reste pas moins efficace.
Et la fuite a d'innombrables fois prouvé qu'elle contribue à la survie de l'espèce.
Mais dans votre petite vie à vous, où se cachent vos peurs occultes ?
Où fuyez-vous quand la source de votre peur vient de l'intérieur ?
Comment se protéger quand la menace vient de ceux qui devraient vous protéger ?
Et la mort, dites-moi, est-ce que la mort vous fait peur ?

le vivant en sursis

Avis de décès

Quelque part au mois de septembre, m'a quitté définitivement celle que je n'ai jamais vraiment connue : ma santé.
Évidemment, avec le neurone, il n'aurait pu être question de quelque affliction banale.
Sans révéler le nom de cette vacherie, disons qu'il s'agit d'une maladie génétique (pour plus de renseignements sur ma famille, lire le blogue de Rouge Sable) qui ne fait pas partie de la famille des cancers bien qu'elle ait avec eux quelques liens de parenté.
Quoiqu'il en soit, cette maladie, quoiqu'incurable, n'est pas mortelle de sorte que je conserve précieusement mon intention de me suicider le jour de mes 78 ans (une idée qui remonte à mon enfance : j'étais alors un lecteur assidu du Journal de Tintin dédié aux jeunes de 7 à 77 ans : il me semblait alors inconcevable de vivre sans ce plaisir sans cesse renouvelé : j'ai alors décidé d'en finir le jour de mon 78ème anniversaire : une décision que j'ai probablement inscrite dans mes gènes et qui explique possiblement ce qui m'arrive aujourd'hui).
Je vous reviens très bientôt avec une (ou plusieurs) chroniques sur la peur.

la maladie ambulatoire

mercredi 12 septembre 2007

désolé

Nouvelle éclipse neuronale pour des raisons de santé.
J'espère un retour prochain tout autant qu'un prochain retour.

le visage pâle

lundi 27 août 2007

panspermie

Suite aux commentaires de Mazz et Lurch sur mon billet : trop loin, je me permets de me livrer à une de mes activités préférées, le radotage (ce n'est pas que je sois si vieux, mais je prends de l'avance au cas où je mourrais (relativement) jeune)).
Je crois effectivement en une forme de panspermie parce que je crois que le chemin qui mène à la vie réside dans la structure même de l'atome et de ses constituants éventuels. Au niveau atomique, le carbone mène à la vie et ce partout à l'échelle de notre univers : je n'en fais pas un choix logique, j'en fait une obligation incontournable dûe à sa structure même. Le carbone se lie avec lui-même et avec à peu prés n'importe qui. Pas du tout regardant sur ses fréquentations.
Au niveau cellulaire, je vois exactement le même scénario. La cellule répond aux lois des atomes qui la constitue. Un peu comme si l'atome contenait un micro-film que la cellule développe à son niveau et que l'organisme finit de développer à l'échelle macroscopique.
Et pour répondre à Lurch, partir une cellule à zéro donne infiniment (et je pèse mes mots) plus de possibilités que de partir d'organes de seconde main dont l'origine est douteuse (tu imagines ce qu'on aurait pu faire avec le cerveau d'Arthur?(désolé, peuple en délire, une parenthèse ouverte au seul initié)).

the fine print